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Portrait

Edgar Menguy

Conseiller Municipal de la ville de Rouen

Membre de l'UMP

Médecin réanimateur du CHU de Rouen

LA PERMANENCE VIRTUELLE

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Edgar Menguy
 
 

 

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16 décembre 2005 5 16 /12 /décembre /2005 23:44

Le conseil municipal a été ce soir le lieu d'un débat très important : Le débat sur l'implantation de la médiathèque. C'était un moment majeur de la vie municipale. Il s'agissait de choisir entre le site de Grammont et celui de l'Ecole Normale de garçons. Le vote (par scrutin public) a donné le résultat suivant :

Grammont : 41

Ecole Normale : 12

Abstention : 1

Je vous livre ci-dessous l'intervention que j'ai faite lors du débat.

" Ce débat est important et il faut se réjouir de l'avoir dans le cadre de ce Conseil Municipal. C'est l'honneur de notre assemblée que d'aborder publiquement ce genre de décision. C'est un débat difficile. Les certitudes définitives ne me semblent pas y avoir leur place. Il est légitime que chacun ait des doutes. J'en ai eu. Nous en aurons encore en sortant d'ici. C'est naturel.

En y réfléchissant, je me suis dit qu'il fallait l'aborder avec trois principes :

- celui de la volonté. Celle de voir se réaliser la médiathèque dans les meilleurs délais. Cet équipement est indispensable à la ville, à l'agglomération, voire à la région.

- celui de la sérénité. Ce débat dépasse les considérations du moment. Il s'inscrit dans le long terme. Il ne faut pas céder aux arrière-pensées de tous ordres.

- celui de la vision de l'avenir. Nous devons définir notre position par rapport à une vision d'avenir et non par rapport à une vision du passé ou même du présent. Cela s'applique au choix du site qui n'a pas vocation à être extrait de l'évolution du reste de la ville. Cela s'applique également au fonctionnement de la future médiathèque. Il ne s'agit pas de simplement déplacer la salle d'étude de la bibliothèque Villon et ce qui l'entourait. La nostalgie que nous avons tous de ce lieu et de ce que nous avons pu y vivre ne peut nous tenir de feuille de route pour la future médiathèque.

Une fois posés ces principes, je me suis interrogé sur les raisons qui nous poussent depuis maintenant presque 4 ans à ne pas trouver de terrain d'entente (sans jeu de mots) sur le sujet. Il me semble que c'est parce qu'il n'y a pas un mais deux débats qui se développent de façon parallèle. Il y a un débat sur le pari urbain que représente le choix du site et un débat sur la réussite du projet culturel de la future médiathèque en fonction du site. Les 2 débats sont légitimes. La question est de savoir si il est possible de gagner sur les 2 tableaux. C'est, je pense, ce que tout le monde peut souhaiter. Je suis persuadé que c’est possible.

Premier débat : Le pari urbain.

Le choix du site est d'abord un choix d'urbanisme. Implanter un grand équipement public ne peut se concevoir sans une réflexion beaucoup plus large. C'est aussi attendre un impact positif pour le lieu d'implantation. En créant une nouvelle centralité, cet équipement doit avoir un "effet locomotive" pour un quartier mais aussi un intérêt en terme d'"aménagement du territoire" de la ville. J'observe que les premiers débats ont abouti à un premier consensus : celui du choix d'une implantation sur la rive gauche. C'est une première décision importante.

Lequel des 2 sites étudiés aura le plus fort impact urbain ? Pour répondre il est nécessaire d'avoir quelques repères dans l'espace et dans le temps. L'opération d'urbanisme de Saint Sever a été le point de départ de la reconquête de la rive gauche. Le métro, construit secondairement, l'a confortée. Elle est aujourd'hui terminée. Depuis déjà plusieurs années, la ville et l'agglomération améliorent le système de desserte urbaine, réalisent des projets de requalification des espaces publics, réaménagent les quais de Seine. Le grand projet de « Seine Ouest » s’inscrit dans cette logique et porte une grande ambition qui se concrétise par la construction en cours du sixième pont. Peut-on imaginer un projet d’une même ampleur qui porterait sur le site de « Seine Est » et prendrait en quelque sorte, à terme la relève du précédent ? Une redéfinition et une diversification des activités de ce territoire remarquablement situé en bord de Seine et dans le prolongement des quais rive gauche, s’imposeront dans un avenir plus ou moins proche. C'est l'un des enjeux de l'étude de définition que nous allons conduire en 2006. La localisation de la Médiathèque doit s’apprécier dans cette dynamique générale de transformation et de croissance.

Alors quel choix de localisation ?

Dans ce contexte, les deux situations urbaines pour l’accueil de la médiathèque ne se présentent pas de manière équivalente et n’auraient pas dans le temps un impact identique. Au regard des dynamiques urbaines, l’effet d’entraînement et d’impact sur l’avenir du site de l’ancienne Ecole Normale d’Instituteurs seraient atténués dans un quartier de la ville qui possède déjà une notoriété affirmée et dispose, avec le Centre Saint-Sever d’équipements conséquents. Autour de cette centralité, la ville est déjà constituée même si des imperfections subsistent et la médiathèque ne participerait qu’à la complexification d’un lieu existant sans ajouter à son animation en raison de sa position sensiblement à l’écart.

Si l’on se réfère à la dynamique urbaine évoquée plus haut, le site de Grammont et les potentialités de son environnement sont au cœur de projets futurs. Parmi ceux-ci la création d’une gare nouvelle entraînera des bouleversements qui seront peu à peu révélés par les études d’urbanisme déjà lancées. L’inscription du quartier de Grammont dans la dynamique opérationnelle du GPV, est un signe fort de renouvellement et de création d’une nouvelle identité à laquelle participe déjà le parc urbain récemment inauguré. Pour les habitants de ce quartier, la Médiathèque sera non seulement un symbole de transformation et de modernisation, mais également un outil puissant d’éducation et de formation en direction des résidents et principalement des enfants et des adolescents. Dans ce sens, le projet de construction d’une Médiathèque prendra tout son sens de projet culturel et social qu’il entend être pour les habitants de l’ensemble de l’Agglomération rouennaise. Il devrait rapidement entraîner d’autres actions de revalorisation du site de Grammont déjà entamées avec la Clinique Mathilde et le parc.

En élargissant ainsi le regard, Grammont n’apparaît plus dans une position marginale mais bien dans une situation propre à satisfaire sa vocation d’ouverture la plus large possible à tous les publics de l’Aire Urbaine et comme un signe d’un intérêt nouveau porté par la Ville à ce quartier. Dans ce débat, l'avantage est donc à Grammont car il s'agit d'un pari urbain porteur d'avenir et de sens.

Deuxième débat : Les conditions du succès du projet culturel

Les inspecteurs généraux, chargés d'expertiser le projet, ont mis en évidence trois conditions à la réussite : l’attractivité, la visibilité et l’accessibilité. Il faut tenir compte de ces remarques.

Je n’insisterai pas sur l’attractivité de la médiathèque en elle-même. Cela va de soi.

La visibilité

L'idée est que le succès de la Médiathèque dépend en partie d'une fréquentation de passage ou d'opportunité. Il est vrai que dans la situation actuelle, l'avantage est au site de l'Ecole Normale. Je pense qu'il faut relativiser cet élément pour plusieurs raisons. Tout d'abord, je ne suis pas persuadé que le passage en automobile devant la Médiathèque soit une garantie certaine de son succès. Par ailleurs, le passage des piétons est assez limité sur le site et ne semble pas avoir un important potentiel de développement. Pour Grammont, si le nombre de passages est inférieur et qu'il le restera pour ce qui est du passage des automobiles, il existe un potentiel d'augmentation de la fréquentation piétonnière liée à la dynamique du quartier. Pour poursuivre sur la visibilité, je pense que celle-ci ne doit plus s'envisager sur le seul aspect physique. La visibilité, c'est aussi la communication, l'information, la création d'évènements ou l'utilisation des technologies de l'information. Pour l'avenir, je crois plus à la visibilité sur internet qu'à celle liée au passage des voitures.

L’accessibilité

L’accessibilité doit pouvoir se faire par l’ensemble des moyens de déplacement : A pied, à vélo, par les transports en commun (ou scolaires) et en voiture.

Pour ce qui concerne l’accessibilité à pied, il est généralement considéré qu’elle concerne un cercle d’attraction d’environ 800 mètres. L’avantage est actuellement à l’Ecole Normale. En effet, la densité de population y est plus élevée qu’à Grammont. Mais la construction de nouveaux logements sur Rouen et Sotteville modifiera cette donnée. Pour le vélo, il faut considérer que les 2 sites sont équivalents. Dans les 2 cas, il est nécessaire de réaliser une piste cyclable.

Pour les transports en commun, l’avantage est incontestablement aujourd’hui au site de l’Ecole Normale. Il est évident que le choix de Grammont impose une modification de la desserte par les transports en commun. Cela est-il un désavantage rédhibitoire ? A mon avis NON. Parce que :

- Cette modification sera de toute façon rendue indispensable par le développement du quartier (montée en puissance de la clinique – 15% par an-, fréquentation du parc, construction de logements)

- Le projet de gare rive gauche dans ses 2 scénarios les plus probables seront favorables à Grammont

- Le projet de Tram-train y contribuera

A ce niveau, il y a un choix. Urbanisme et transports sont indissociables. Mais si les choix d’urbanisme doivent se faire autour des infrastructures de transports, il est aussi des situations où les infrastructures de transport doivent être décidées en fonction des choix d’urbanisme (je citais saint Sever). Une position dogmatique et « définitive » est à rejeter. La TCAR l’affiche d’ailleurs clairement sur son site d’accueil en disant de son réseau que… « Son adaptation régulière a pour objectif de répondre efficacement à vos besoins afin de vous apporter confort et facilité de déplacement.».

Enfin, l’accessibilité en voiture doit également être envisagée même si elle ne doit pas être favorisée. L’exemple des autres médiathèques montre que quelque soit la qualité des transports en commun, les usagers viennent parfois de loin et tous ne sont pas utilisateurs des transports en commun.

Pour terminer sur ce chapitre, il me semble qu’il y a d’autres formes d’accessibilité : l’accessibilité sociale et là je suis certain que l’avantage est à Grammont mais aussi l’accessibilité horaire (extension des horaires, ouverture du week-end, etc .) qui est équivalente pour les 2 sites. De mon point de vue, elle devrait aussi faire l’objet du travail préparatoire. L'accessibilité, c'est enfin l'architecture du réseau des bibliothèques qu'il faudrait préciser. De façon intuitive (mais cela est à vérifier) j'ai l'impression que le site Grammont ouvre plus de possibilités. Pour les conditions de la réussite, telles que définies par les inspecteurs généraux, l'avantage est aujourd'hui à l'Ecole Normale. Il me semble cependant qu'il existe de larges marges de manœuvre pour les réunir sur le site de Grammont. Ce qui bénéficiera à tout le quartier.

Pour conclure.

Le pari urbain n'est pas l'ennemi de la réussite du projet culturel. Après avoir mené cette réflexion, je me prononcerai donc pour le choix de Grammont car je pense que c'est celui :

- qui concilie de la meilleur manière les aspects urbains et sociaux

- qui refera de ce quartier un quartier à part entière de la ville

- qui relève d'une vision de l'avenir courageuse et confiante.

Mais je crois qu'il faut que nous nous donnions les moyens de la réussite. Le pari urbain ne doit pas nous faire peur mais je suis tout à fait convaincu qu'il réussira si le succès de la médiathèque est au rendez-vous. Pour cela, il faut décider dès maintenant de s'en donner les moyens de façon large et déterminée. Pour cela, il faut tous nous regrouper pour donner à ce projet, le maximum de visibilité, pour prévoir l'amélioration de son accessibilité par des modifications de la desserte des transports en commun et enfin par un travail sur l'insertion de cette médiathèque dans un réseau de la lecture, des loisirs et de l'éducation tant au niveau de la ville que de l'agglomération.

Le vote de ce soir est le début d'un grand chantier qui dépasse largement les aspects purement techniques. Il s'agit de décider de créer un nouveau pôle dans la ville en faisant de Grammont un lieu de culture, d’informations, de loisirs, pour les adultes et les adolescents, d’éveil pour les enfants. Un exemple de reconquête sociale et urbaine."

Voir aussi Médiathèque : l'exemple d'Orléans

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commentaires

Edgar menguy 01/02/2006 23:49

Voir l'article : http://edgarmenguy.over-blog.com/article-1411482-6.html

Edgar Menguy 01/02/2006 19:09

Merci de ces commentaires qui posent les bonnes questions. Je vais faire un article sur le sujet.

chouchou 01/02/2006 18:31

le débat a été tranché, un vote sans appel : Grammont : 41 Ecole Normale 12 : abstention 1
Je trouve que Mr Albertini et son équipe, sont dans leurs  droits.  Toute cette publicité, fait partie de la guerre de la communication.
la gauche fait bloc contre Albertini, ils souhaitent tellement reprendre la municipalité...

nicolas octau 01/02/2006 17:15

Aie aie aie ,maintenant Mr Albertini veut se passer des subventions des autres colectivités locales, en définitive ce qu'il dit c'est que c'est les rouennais qui vont tout payer !!!
Je pense que l'atitude de Mr Albertini n'est pas très responsable, en tout cas du point de vue de l'opinion publique les résultats pour la majorité Rouennaise risques d'êtres catastrophiques,c'est de votre bilan qu'il est question !
Edgar ,je te pose la questions,ne valait-il pas mieux transiger sur l'emplacement de la médiathèque (même si j'en conviens Grammont était une grande preuve d'audace et un pari sur l'avenir)pour ne pas mettre en danger le projet?En somme ne vaut-il pas mieux avoir tort à plusieurs, que raison tout seul ?

nicolas octau 31/01/2006 13:01

J'avais bien dit qu'on avait pas fini de reparler du projet de médiathèque à  Grammont.
Vu ce qui s'est passé hier à la réunion entre mr Albertini est les présidents de l'agglo du département et de la région il va  encore y avoir du sport !
La municipalité aura beau jeu de dire que la gauche fait de l'opposition systèmatique(ce qui n'est pas faux)et  qu'elle impose une tutelle sur Rouen (ben oui mais en même temps ,quand on paye on aime bien savoir pour quoi ),elle s'avait trés bien dans quelle impasse elle s'engoufrait en engageant un bras du fer avec toutes les autres collectivités locales partie prenantes dans ce dossier.
Je ne veux pas jouer les cassandre mais jusque que là tout ce que j'avais prédit se déroule exactement (voir les commentaires précédents)!!!