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Portrait

Edgar Menguy

Conseiller Municipal de la ville de Rouen

Membre de l'UMP

Médecin réanimateur du CHU de Rouen

LA PERMANENCE VIRTUELLE

Vous êtes Rouennais et vous avez une question à me poser ou un problème que je peux vous aider à résoudre. Alors, n'hésitez pas ! Vous m'en faites part dans la boite à messages. Je vous donnerai la réponse et je la publierai sur ce blog afin que tout le monde puisse en profiter pour une expérience de démocratie locale en direct.

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Edgar Menguy
 
 

 

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5 mars 2006 7 05 /03 /mars /2006 22:07

La semaine va être marquée par l'ouverture du débat sur ce qu'il est convenu d'appeler d'un drôle de nom pas très engageant, la loi DADVSI : Droits d'Auteur et Droits Voisins dans la Société de l'Information !

Ce projet de loi, transposition d'une directive Européenne, pose les principes de la protection de la rémunération des auteurs et de l'encadrement du P2P dans un cadre d'ailleurs de moins en moins répressif au fur et à mesure de l'évolution du texte. Je suis persuadé que c'est un débat majeur. Mais que les choses sont posées de telle façon qu'il est bien difficile de s'y retrouver et que les enjeux vont bien au-delà du texte en lui-même. C'est ce qui explique l'intensité et l'incertitude des discussions.

Ce texte d'allure technique est en fait l'occasion d'avoir un débat sur de grands enjeux qui sont nés de l'évolution rapide des nouvelles technologies et de la place prise par Internet dans notre vie quotidienne : relation des citoyens à la culture, idée du partage, gratuité réelle ou supposée, nouvelle perception des distances, bouleversement de l'organisation personnelle par rapport au temps, etc.

Je crois que sans grandiloquence, il n'est pas interdit de penser qu'à travers cette question c'est la prise de conscience de l'avènement d'une nouvelle société qui se déroule sous nos yeux. Nous en avions tous confusément conscience et voilà que nous y sommes brutalement confrontés. Et immédiatement beaucoup de questions se posent :

- Comment concilier progrès technologique, liberté individuelle, protection des droits, propriété ? Une question encore plus complexe si l'on tient compte de l'impact grandissant de la dématérialisation.

- Comment rémunérer justement acteurs, chanteurs, producteurs, etc. ? En se méfiant de l'habileté des grands groupes industriels qui ont su dissimuler la protection de leurs intérêts financiers derrière la promotion de la création culturelle. La protection des artistes doit prédominer sur celle des diffuseurs. En tous cas, si l'on regarde les choses de façon optimiste, jamais les artistes n'ont pu bénéficier d'une telle diffusion ni d'une telle opportunité de promotion de leur oeuvre et jamais les citoyens n'ont eu un tel accès à la culture !

- Comment réconcilier le consommateur et l'auteur ? Ce qui ne nous éloigne pas trop de l'un des grands débats du moment qui est le conflit d'intérêt entre le salarié et le consommateur… que l'on est d'ailleurs parfois tour à tour ! N'est ce pas la base du débat sur la mondialisation ?

- Comment permettre la copie privée sans risquer de devenir sans l'avoir imaginé un contrefacteur ?

- Comment ne pas remettre en cause l'essor des logiciels libres ? Desserrer le carcan de Microsoft ne me paraît pas sans enjeu !

- Comment organiser l'interopérabilité ? etc.

Bien d'autres questions vont émerger, j'en suis sûr, dans les jours à venir.

Ce débat n'est pas sans rappeler celui sur les radios libres. De mon point de vue, rien ne sert d'essayer d'interdire ou d'essayer de créer une "ligne Maginot" car cela a bien peu de chance de réussir dans cette confrontation entre la technique et le droit. Je ne suis pas non plus très enthousiasmé par la "licence globale" car elle me semble assez irréaliste. La solution est à trouver entre liberté et responsabilité en laissant une certaine flexibilité de choix aux auteurs et aux consommateurs.

Mais surtout,  la réflexion doit être menée avec l'idée que cette loi est peut-être l'une des premières d'une nouvelle société. Car c'est bien d'un débat de société dont il s'agit : La "société de l'accès" décrite par Jeremy Rifkin, en opposition à la "société de la possession". Pour lui, la société en réseau qui se met progressivement en place ne doit pas être regardée comme la "société de l’Internet", mais comme la "société à laquelle l’Internet sert de miroir". Le réseau n’est pas un phénomène informatique, mais un fait social.

N'est ce pas la vraie dimension du débat ? Les jours à venir vont être passionnants.

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Published by Edgar Menguy - dans Culture
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commentaires

lomi 10/03/2006 09:40

Tout à fait d’accord avec les interprètes de la partition « participative » d’une nouvelle société, je viens vous féliciter Edgar pour la clarté de votre post.
 


 

Vous l’avez fort bien rappelé : « Car c'est bien d'un débat de société dont il s'agit : La "société de l'accès" décrite par Jeremy Rifkin, en opposition à la "société de la possession". Pour lui, la société en réseau qui se met progressivement en place ne doit pas être regardée comme la "société de l’Internet", mais comme la "société à laquelle l’Internet sert de miroir".
 

Nous assistons aujourd’hui à la naissance d’une nouvelle forme de société ni plus ni moins. Que les chantres du dogme marchand s’opposent aux apôtres d’un égalitarisme ignorant est en soi assez commun et ne nous étonnent pas outre mesure. Que l’explosion des clivages politiciens de la représentation nationale s’offre au grand jour est plutôt un signe rassurant pour ceux qui s’interrogent sans cesse et pensent que chacun peut devenir artisan du Bien.  

 

Mais au-delà de ce débat « technique », au-delà des grands cris d’orfraie de M. Dupont-Aignan : «La majorité doit immédiatement rétablir le dialogue avec la jeunesse de notre pays qu'elle est en train de jeter dans les bras d'une gauche qui, pourtant n'a aucun projet ni aucune perspective à lui proposer » qui sentent mauvais le bulletin de vote et la soumission au populisme démagogique, il serait urgent que nos représentants, nos élus  comprennent, à votre suite Edgar, que nous entrons avec l’examen de ce projet de Loi dans l’anti-chambre d’un nouveau modèle sociétal. Et ainsi que Franck l’a lui-même souligné : « nous sommes dorénavant conscients que, dans la phase d'"horizontalisation" des échanges, pour ne pas dire dissémination, que nous traversons, les axes législatifs qui seront entérinés conditionnerons ou non la réussite de la société "participative" en marche. »
 


 

Pour les ego de tous et le renouvellement des mandats de chacun, en prendre conscience aujourd’hui c’est être en avance demain.
 


 

Pour ne pas continuer à servir les intérêts pitoyables de l’intolérance et du cynisme et continuer à donner l’image navrante et médiocre d’une démocratie bafouée, aux arcanes kafkaïens obscurs, à la botte d’un corporatisme nébuleux ou d’un clientélisme gangrené, il serait grand temps pour le Gouvernement d’ouvrir les yeux… avant qu’il ne soit trop tard.
 


 

Bravo et merci pour votre blog.
 

Brad 08/03/2006 13:01

Moi plus ça va plus j'y comprend rien !!!!

Edgar Menguy 07/03/2006 21:54

C'est bien de cette idée de société participative dont je voulais parler ici. Est-ce naïf ou utopique ? Sans doute un peu. Mais je crois que c'est surtout la voie d'un autre avenir possible. C'est pour cela que ce débat est si important.
Tout à fait d'accord avec vous pour contribuer à fédérer les bonnes volontés.
:)

franck laroze 07/03/2006 18:11

Pour répondre à votre post sur Agoravox suite à mon article (http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=7618&id_forum=27421&var_mode=recalcul#forum), et ayant lu vos propres commentaires ici, il s'agit effectivemet d'un enjeu, sinon de civilisation, du moins de société, effectivement. Ce que bien peu, défenseurs du DRM ou de la LGO, semblent prendre en compte, trop omnubilés à défendre des intérêts catégoriels rétrogrades ou carrément démagogiques/populistes.
Il nous faut un vrai débat républicain, car l'enjeu dépasse de loin le clivage droite/gauche (on l'a déjà vu à l'Assemblée, de + vous êtes UMP & j'étais PS lorque le rapport - www.gitton.net - me fut commandé). Ayant rencontré bon nombre des intervenants de l'affaire, et ce jusqu'au cabinet de RDDV, j'ai ("malheureusement "pour moi...) été frappé de constater que les interlocuteurs les plus "responsables" et les plus ouverts au dialogue n'étaient pas de mon ancien "camp politique", mais plutôt à droite dont la culture semble davantage privilégier l'esprit critique & le rapport au réel...
Car LGO ou DRM, nous sommes dorénavant conscients que, dans la phase d'"horizontalisation" des échanges, pour ne pas dire dissémination, que nous traversons, les axes législatifs qui seront entérinés conditionnerons ou non la réussite de la société "participative" en marche.
Sans doute par naïveté "poétique", j'ai bon espoir que les "bonnes volontés" et les esprits lucides finiront par se faire entendre...

Yuca de Taillefer 07/03/2006 17:25

Pour mettre mon grain de sable dans le débat, je dirais d'abord que je n'ai pas un avis très clair sur la question... et qu'il faut je pense dépassionner le débat, l'humaniser et aussi lui laisser du temps! A probleme complexe, j'ai un avis complexe : 1/ Je pense que pour ce qui est pro, il est normal qu'il y est "marchandisation" et donc payer pour avoir de la qualité. Afin que les créateurs, ceux qui en vivent puissent 2/  D'un autre côté je pense qu'avec les nouvelles technologies, la volonté même pour ceux qui n'ont pas les moyens d'accéder à la culture, le besoin de liberté et de consommer etc : il fau aussi qu'il puisse à prix modique d'accéder à cette culture...Mais forcément les contraintes sont fortes, surtout techniques, de plus mettre un choix à la carte suivant la classification du "produit culturel" peut ressembler à un casse-tête chinois....Bon courage aux décideurs en tout cas sur ce sujet pas simple!