Vendredi 5 juin 2009
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15:40
A trois jours du scrutin, j'ai interrogé Bruno Le Maire,
Secrétaire Départemental de l'UMP dans l'Eure et Secrétaire d'Etat en charge des Affaires Européennes.
Il m'a semblé intéressant d'avoir l'éclairage sur le scrutin de Dimanche d'un Haut-Normand qui est aujourd'hui au cœur de
la question Européenne et chargé des rapports entre la France et l'Europe. Son rôle important a d'ailleurs été largement souligné dans la restauration d'un axe fort entre la France et l'Allemagne qui a été l'un des
déterminants du succès du dernier G20.
Bruno Le Maire réponds à mes questions pour notre blog.
Quel rôle joue l'Union Européenne dans la gouvernance mondiale et quel rôle aura-t-elle à jouer dans le nouvel ordre
mondial qui se met en place suite à la crise ?
On a déjà eu la preuve au G20 de Londres que l'Europe aura un rôle majeur à jouer si nous voulons une mondialisation
maîtrisée et humaine. C'est la France et l'Allemagne qui ont proposé et tenu face aux autres puissances, les Etats-Unis, mais aussi la Chine, les nouveaux pays émergents, pour exiger la fin des
paradis fiscaux et l'encadrement des hedge funds... Seule l'Europe peut défendre un modèle de développement mondial équilibré, qui assure une croissance respectueuse du développement
durable. Et c'est le 7 juin que ça se décide ! Car si nous voulons une Europe forte sur la scène internationale, il nous faut une majorité forte au Parlement européen.
Depuis toujours l'Europe hésite entre approfondissement des pouvoirs et élargissement à de nouveaux pays. A ton avis,
que faut-il privilégier dans les années à venir ?
Nous sommes arrivés à un vrai tournant de l'histoire de l'Union européenne, un choix entre deux conceptions non
compatibles. Soit l'Union devient une vaste zone de libre échange, sans règle, sans identité ni frontière. Ce n'est pas mon projet. Soit l'Union devient une force politique, avec un gouvernement,
et développe son projet à l'intérieur de frontières clairement identifiées, et avec une identité politique européenne. C'est ce que je souhaite.
Peux-tu nous dire quelles sont les grandes lignes du projet de l'UMP pour ces élections
européennes ?
La majorité présidentielle propose une Europe politique forte, qui pèse dans le débat international et qui existe entre
les Etats-Unis et la Chine. Une Europe qui prend des décisions politiques. Et qui arrête l'élargissement aux Balkans pour se consacrer à davantage d'intégration. En France, le seul parti
tout-à-fait clair sur les frontières de l'Europe, c'est l'UMP.
Tu as consacré beaucoup de temps aux jeunes lors de ton passage à Rouen. Pourquoi est-ce si important pour toi et
quelle place penses-tu qu'ils doivent avoir dans l'Europe d'aujourd'hui et de demain ?
Les racines de mon engagement européen tiennent à deux choses : le refus de la guerre, qui a beaucoup marqué ma famille ;
l'Europe c'est un projet politique de paix. Et puis être ouvert à plusieurs cultures, plusieurs langues, plusieurs regards sur le monde et en même temps avoir un sentiment d'appartenance, c'est
quelque chose d'unique qui élargit notre horizon. Mais je crois qu'elle n'offre plus suffisamment de place aux jeunes ; il y a comme un malentendu entre les jeunes et l'Europe. C'est
pourquoi je souhaite qu'un jeune Français sur deux puisse aller étudier ou se former dans un autre pays européen ; aujourd'hui, ce ne sont que quelques milliers d'étudiants qui profitent
d'ERASMUS, parce que c'est trop cher, trop compliqué... On ne peut pas se lamenter du désintérêt croissant chez les jeunes pour l'Europe, voire de leur anxiété, si on ne les aide pas, si on ne
les motive pas ou qu'on ne les fait pas rêver comme l'Europe nous faisait rêver il y a 20 ans !
En quoi, concrètement, l'Europe peut-elle protéger les citoyens Européens, en particulier en cette période de crise et
de dangers internationaux ?
Aujourd'hui, les citoyens européens posent la question de l'efficacité des politiques européennes pour les défendre dans
la mondialisation. Je n'ai donc pas peur de dire que nous ne voulons pas d'une Europe de l'ouverture à tout prix au reste du monde. Nous sommes pour une ouverture aux échanges commerciaux et aux
flux de capitaux, mais les bénéfices de cette ouverture doivent être réciproques. Il faut arrêter avec le dogme de la seule concurrence pour avancer vers davantage de coopération. Regroupons nos
forces pour construire une politique industrielle autour de nos pôles d'excellence : le transport à grande vitesse, le spatial, le nucléaire, l'énergie solaire, ou dans le domaine automobile si
important en Haute-Normandie. Je pense qu'il faut une industrie automobile européenne mutualisant les efforts de recherche, rapprochant les industriels. Protégeons nos grandes entreprises
stratégiques en dotant l'Europe d'un pouvoir de veto sur des investissements étrangers qui menaceraient son indépendance, comme cela existe aux Etats-Unis. Concrètement, dans le secteur
aéronautique, Boeing est actuellement mieux armé qu'Airbus si un fonds étranger veut prendre des participations dans l'entreprise. Il faut en finir avec la naïveté en Europe.
Au fil de la campagne, tu as souvent côtoyé Dominique Riquet, tête de liste de l'UMP dans notre région, et Jean-Paul
Gauzes, « le régional de l'étape ». Peux-tu nous dire un mot sur chacun d'eux ?
Je connais depuis longtemps Jean-Paul GAUZES et j'ai pu apprécier le
travail formidable qu'il a accompli au Parlement Européen notamment en matière de régulation des marchés financiers. Jean-Paul est non seulement un homme qui travail beaucoup à Bruxelles et à
Strasbourg, mais c'est aussi un homme de terrain qui a silloné longuement la Normandie, la Picardie et le Nord-Pas-de-Calais lors de ce mandat. Je connais Dominique RIQUET depuis beaucoup moins longtemps mais je dois dire que le contact est immédiatement passé. Dominique a eu un rôle majeur aux côtés
de Jean-Louis BORLOO dans la transformation et la rénovation de Valenciennes (ville dont il est maire depuis 2002). Il a su démontrer pendant cette campagne qu'il serait un excellent député
européen : il maîtrise parfaitement les dossiers et les enjeux européens. De plus, après ces trois mois de campagne active, l'euro-circonscription Nord-Ouest n'a plus de secret pour
lui !
La Haute-Normandie est au cœur de l'Europe du nord et au centre de l' « Arc Manche ». Comment l'Europe
regarde-t-elle la Haute-Normandie ?
Elle la regarde comme une région d'avenir, avec un grand potentiel. A chaque fois que je vais à Bruxelles, mes
interlocuteurs me parlent de la Normandie...d'ailleurs, ils pensent tous qu'il n'y a qu'une seule Normandie, et ne comprennent pas très bien la frontière entre la Haute et la Basse Normandie...Je
sais que la Normandie serait plus forte, et les Normands tireraient davantage de bénéfices, s'il n'y avait qu'une seule région Normandie, grande et unie ! C'est un autre débat, mais je suis
sur que nous aurons l'occasion d'en reparler ! .
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