Blog d'Edgar Menguy, conseiller municipal de la ville de Rouen
La médecine en France est dans une situation difficile et particulièrement en région Haute-Normandie, qui risque de connaître à brève échéance une catastrophe sanitaire.
Les causes sont les suivantes :
- La disparité dans l’offre de soins : La Haute-Normandie ne compte que 134 médecins généralistes pour 100 000 habitants (102 / 100 000 habitants dans l’Eure !), contre 194 / 100 000 habitants en Provence Alpes Côte d’Azur, et 173 médecins spécialistes pour 100 000 habitants. Notre région arrive en queue de peloton.
- Les départs à la retraite (en France, 20,4 % des médecins ont plus de 55 ans et 7,5 % ont moins de 35 ans).
- Les cessations d’activités libérales prématurées favorisées par les pouvoirs publics avec l’ouverture au concours de nombreux postes de praticiens hospitaliers réservés aux médecins généralistes (1200 postes en 2005).
- La hausse du numerus clausus des étudiants entrant en études médicales ne compensera pas les départs à la retraite avant 2025 et ce seulement si les conditions de numerus clausus et d’âge de départ en retraite restent les mêmes (de 2008 à 2015 il y aura 5000 départs pour 3700 entrées par an).
De plus, la mise en place de l’examen national classant sans adéquation du nombre de postes offerts au choix avec le nombre d’étudiants classés renforce la pénurie croissante de spécialistes en médecine générale dans les régions considérées comme moins attractives. En 2005, 980 postes ont été laissés vacants ; En Haute-Normandie sur 115 postes ouverts, seulement 29 ont été pourvus.
Cette situation est inquiétante, d’autant plus que la formation dispensée à l’Université de Rouen est considérée comme excellente.
Les solutions pour corriger les inégalités régionales, dont nous sommes victimes, existent :
- modifier le recrutement des internes en régionalisant ou inter-régionalisant l’examen national classant
- mieux adapter la formation et l’orientation des internes aux besoins des populations
- définir des mesures qui revaloriseront le métier de médecin généraliste
- mettre en place les moyens qui permettront d’affecter à la médecine générale les effectifs nécessaires sur l’ensemble du territoire
- mettre en œuvre des moyens pour réguler l’offre de soins sur le territoire entre les différentes structures de soins et entre les spécialités médicales et les professions de santé, en les adaptant mieux à la demande et évaluer systématiquement leur impact.
Faute d’une correction rapide de trajectoire, la Haute-Normandie devra se contenter de gérer la pénurie.