Comme citoyen mais aussi comme médecin engagé en politique, je ne peux rester indifférent au débat sur les tests ADN.
Je ne suis pas favorable aux tests ADN pour les étrangers candidats au regroupement familial.
Le mélange de la politique et de la science est souvent un jeu dangereux. Il l’est encore plus lorsque c’est la génétique qui en est le sujet. La politique est synonyme d’intérêt général, de recherche de l’harmonie collective, du rapport social entre des personnes, du mieux vivre ensemble. La génétique, tout au contraire, est la caractérisation la plus pointue, la plus intime, de l’individu biologique.
Il n’est pas possible de réduire un individu à son code biologique. Il n’est pas possible de résumer la famille à un échange de gènes dans un strict cadre légal. Ce sont des simplifications hasardeuses de la vie et de la société. Nous ne sommes pas des êtres génétiquement identifiés dans une société normalisée.
Je suis tout à fait favorable au contrôle de l’immigration et aux exigences accrues en terme de regroupement familial mais je crois que le gouvernement serait bien inspiré de retirer de son projet le recours aux tests ADN pour les candidats à celui-ci. Car cela n'apporte pas grand chose et ouvre une voie dont on mesure les risques.
Persister serait prendre le risque de porter une grave atteinte à la pensée humaniste qui fait la grandeur de la France. Nous en avons toujours été le fer de lance et les garants. Restons-le. Ce serait également jeter la suspicion sur la génétique, spécialité porteuse de grands espoirs thérapeutiques pour le bien de tous. Décidemment un bien mauvais service à rendre à ces deux grandes causes !