Blog d'Edgar Menguy, conseiller municipal de la ville de Rouen
Les médecins et les professionnels de santé sont-ils encore utiles ? La question se pose au moment où il est possible de chercher sur Internet un diagnostic ou une prescription grâce à Google.
Dean Giustini, bibliothécaire spécialisé en biomédecine à l'Université de Colombie Britannique de Vancouver, s'interroge, dans le dernier "British Medical Journal".
Il signale qu'un rhumatologue New-Yorkais rapportait la réponse de la personne qui présentait elle-même le diagnostic d'une maladie rare à une assemblée de professeurs éminents. Alors qu'aucun n'avait trouvé ! Aussi, l'un d'entre eux lui a demandé comment elle y était parvenu. "J'ai rentré les principales caractéristiques dans Google et le diagnostic est apparu", a expliqué l'intéressé. Elémentaire, mon cher Watson !
"On raconte que les fondateurs [de Google] Sergey Brin et Larry Page sont intéressés par une utilisation de leurs ordinateurs pour contribuer à l'avancement de la science médicale", rapporte l'auteur.
Tout ceci est à la fois un progrès et la source d'un certain nombre de questions.
Il faut se réjouir du fait que les patients aient accès à l'information. Mais l'utilisation des moteurs de recherche peut ne pas systématiquement viser juste. Les ressources affichées peuvent ne pas être pertinentes ou les informations non validées. Toutefois, si Google "souhaite faire quelque chose pour la médecine, il devrait penser à créer un portail médical", avec "des filtres médicaux et de meilleurs algorithmes, afin de mener aux meilleures preuves" dit l'auteur.
Dans ce cadre les bibliothécaires pourraient jouer un nouveau rôle pour orienter vers la localisation des meilleures preuves.
En ce qui concerne les médecins, Google n'est pas prêt de les remplacer, mais il est évident que cela va faire évoluer leur métier. Ils pourront (et devront !) consacrer plus de temps à la relation, à l'accompagnement et à la communication. Il faut intégrer tous ces éléments aux études de médecine dès maintenant.
Source : British Medical Journal, 24 décembre 2005, vol.331, n°7.531, p. 1.487-1.488) via APM