Blog d'Edgar Menguy, conseiller municipal de la ville de Rouen
La notion de service public est complexe. Elle intègre à la fois l’individuel et le collectif, l’économique, le social, le politique ; le marchand et le non-marchand, le local, le régional, le national et l’européen, les besoins du consommateur, du citoyen et de la société. Par ailleurs, aménagement du territoire et services publics sont indissociables. Il est aussi très clair que les Français sont très attachés à l'idée de service public. Il est enfin évident que les services publics doivent être confortés, mais aussi rendus plus efficaces et efficients, et qu'enfin la continuité en soit assurée. Une fois tout ceci posé, il est facile de mesurer la difficulté de la tâche pour parvenir à améliorer et faire évoluer les services publics !
Le Conseil économique et social a peut-être ouvert une piste. Il a examiné cette semaine un projet d’avis sur le sujet avec comme finalité de répondre à ces questions. Il s'est basé sur le rapport Marrioti qui suggère d’abord de redéfinir les services publics et plutôt de parler de " service au public ". Ce qui conduit à regrouper " l’ensemble des services, publics et privés, nécessaires aux populations et aux territoires à un moment donné ".
C'est une proposition intéressante car elle se base sur une logique de la demande des habitants et de territoire. C'est cette demande qui déclenche la décision publique. Ceci doit permettre des réponses mieux adaptées.
Cependant, afin de favoriser le développement économique, de répondre aux attentes sociales ou de corriger des inégalités, en particulier à l’échelon local, cette approche devra être complétée par une offre de "services d'intérêt général" sur demande et sous le contrôle des collectivités locales ou de l'Etat. Dans ce cas, c'est la décision publique qui crée l'offre.
Sous réserve de cette garantie, ce travail de redéfinition parait être le premier pas indispensable à toute évolution. Il devra s’inscrire dans le cadre européen. Et surtout, il devra impérativement impliquer les personnels et les usagers.
Ce travail sera long et complexe. Mais c'est certainement la seule méthode pour parvenir à relancer sur de bonnes bases un débat dont l'objectif est de toute évidence largement partagé.