Blog d'Edgar Menguy, conseiller municipal de la ville de Rouen
Les biotechnologies sont en pleine expansion. Elles sont une source de profits potentiels importants. Voulant en profiter à peu de frais, certains n'hésitent pas à breveter les connaissances utilisées de longue date par certaines communautés. Pendant des milliers d'années, les villageois indiens ont utilisé des extraits de margousier comme pesticide pour protéger leurs cultures. Mais lorsqu'une société américaine a breveté le procédé en 1994, l'Inde a engagé une décennie de batailles juridiques qu'elle a remportées. L'Inde a également réussi à faire invalider des licences pour le curcuma, épice aux vertus antiseptiques et cicatrisantes, et pour un dérivé du riz basmati. Pour ne pas avoir à le refaire, elle a depuis créé une Bibliothèque numérique de savoirs traditionnels pour protéger ses connaissances.
La lutte contre le biopiratage n'est pas simplement une question de fierté nationale. Elle a également des enjeux financiers importants. Il en coûte plusieurs milliards de dollars et des années de recherche aux groupes pharmaceutiques pour lancer un nouveau médicament sur le marché, un coût qui est réduit si ce lancement est facilité par les connaissances traditionnelles. En outre, l'un des objectifs du projet est de s'assurer que les populations locales bénéficient de l'éventuelle utilisation de leurs connaissances.
Le net joue ici un rôle intéressant : la défense des savoirs traditionnels. Tradition et modernité !
Site à visiter : http://indianmedicine.nic.in/
Source AFP