Blog d'Edgar Menguy, conseiller municipal de la ville de Rouen
Près de 48000 étudiants vont faire leur entrée en première année de médecine prochainement. La tendance à l'augmentation du nombre d'inscrits se poursuit et s'amplifie. A Rouen, l'augmentation devrait être la plus forte de France avec + 25 %.
Cet engouement pour les études médicales pose plusieurs problèmes.
De façon générale, celui de la démographie médicale. Cette question cruciale a été soulevée depuis longtemps. Les réponses n'ont pas été à la hauteur des enjeux du fait de l'inertie du système ( plus de 10 ans d'études) et du manque d'anticipation dans les années 80-90.
De façon très concrète, cet afflux va poser des questions de surcharge des locaux et de mauvaises conditions de travail des étudiants. Comment pourront-ils être accueillis dans de bonnes conditions ? Comment pourra être garantie l'égalité entre eux face à un concours difficile ?
Une autre question est celle de l'échec à la fin de cette première année. En effet, il est évident que le taux de succès à la fin de la première année va mécaniquement chuter. Plus d'inscrits pour un nombre de places identiques (7000) conduit inévitablement à plus d'échecs. Là encore, Rouen devrait se distinguer puisqu'il s'agit de la faculté qui a, jusqu'à maintenant, le taux de succès le plus élevé.
Face au viellissement de la population, à l'importance que les français accordent à ces questions et persuadé qu'il est de la responsabilité collective de ne pas laisser les étudiants se précipiter vers ce qui sera pour la plupart un échec sans prendre en considération leurs efforts, cette question me semble très importante. C'est un enjeu de santé publique. Elle doit figurer dans les débats des échéances prochaines.
Cela me suggère plusieurs idées :
- L'observatoire national des professions de santé devrait mieux faire entendre sa voix sur ces questions. Peut-être faut-il le redynamiser ?
- La question du relèvement du numérus clausus doit être clairement évoquée.
- Le rapport du Pr Bernard Thuilliez, doyen de la faculté de Rouen, qui préconise l'intégration des études médicales et pharmaceutiques dans le dispositif LMD, doit être soutenu et mis en oeuvre.
- La question de la régionalisation de la santé et de l'adaptation de la formation des futurs professionnels de santé aux besoins régionaux doit être reposée. Elle me semble tout à fait nécessaire.