Dans chaque élection, il y a des candidats qui posent des bonnes questions mais qui y apportent des mauvaises réponses. C'est le cas, cette fois-ci, pour Ségolène Royal avec son idée invraisemblable de jurys populaires !
Oui, la démocratie est en crise, ou peut-être plutôt en mutation, dans notre pays.
Oui, il faut renforcer la démocratie participative et l'implication des citoyens dans la vie politique.
Oui, enfin, il faut instaurer plus de transparence et de proximité dans les décisions publiques.
Mais toute mesure visant à créer une défiance vis à vis des élus ne pourra que créer un climat contraire à ces objectifs. Comment les "jurys Ségopopulaires", dont on ne comprend pas très bien le fonctionnement, pourraient-ils répondre à ces attentes ? La démocratie a besoin de confiance.
Les élus sont dans leur immense majorité quotidiennement sur le terrain et s'attachent à répondre de leur mieux aux besoins de leurs concitoyens. Plutôt que de contrôle et de suspicion, ils ont besoin d'être aidés et confortés dans leur rôle souvent difficile.
Ils ont besoin également de temps. Les projets prennent de plus en plus de temps à être mis en oeuvre et réalisés. Il est normal de rendre compte de son action à intervalles réguliers. C'est le rôle de l'élection. Je ne suis pas sûr qu'instaurer une remise en cause permanente n'aboutisse pas à un blocage complet et finalement à l'immobilisme. Est-ce l'intérêt des citoyens ?
Plutôt que cette bizarrerie démagogique, j'aimerais voir les candidats à l'élection présidentielle prendre position sur des mesures qui pourraient contribuer à un meilleur fonctionnement de notre démocratie :
- l'instauration d'un véritable statut de l'élu. Nombre d'élus locaux sont obligés de mener de front de multiples activités, d'assumer des charges lourdes au détriment de leur vie personnelle et professionnelle. Ne faut-il pas les aider ? Leur donner les moyens d'être plus disponibles ?
- la création d'un dispositif de référendum d'initiative populaire. Il a souvent été évoqué mais jamais vraiment mis en place. Le temps est venu d'en faire un outil opérationnel de la démocratie.
- l'utilisation des nouvelles technologies. Un très grand nombre de foyers français est aujourd'hui connecté à Internet. Le nombre augmentera encore et des facilités doivent être données pour permettre l'accès de tous. Toutes les décisions publiques devraient être mises en ligne de façon interactive sur Internet. Il faut aller beaucoup plus loin dans ce domaine. Internet est un outil de partage et de débat, "une place publique". Il faut en faire un outil de la démocratie.
Et puis, au-delà de tout cela, j'invite tous les élus à ouvrir un blog. Tous les élus bloggeurs, en tous cas ceux qui tiennent eux-même leurs blogs, ont fait l'expérience de l'enrichissement des projets évoqués par les commentaires et les emails des lecteurs.
C'est certain. Je préfère l'état d'esprit de la blogosphère à celui de ces jurys populaires !