Blog d'Edgar Menguy, conseiller municipal de la ville de Rouen
On a beaucoup parlé des délocalisations lors du débat sur l'Europe. Il n'est pas inintéressant d'en savoir plus.
Les délocalisations concernent 13.500 emplois chaque année (- 0,7% de l'emploi total des grands groupes et 0,1% de celui des petites entreprises).
Selon le "Rapport sur les comptes de la nation de 2004" publié par l'INSEE, plus de la moitié des délocalisations (53%) s'effectuent vers des pays développés. Ainsi, l'Espagne arrive en tête (16%), devant l'Italie (15%), l'Allemagne (14%), les Etats-Unis (13%) et la Belgique (10%).
Vers les pays développés, les délocalisations concerneraient surtout des secteurs très concentrés, où agissent de grands groupes internationaux comme l'automobile, l'aéronautique, la pharmacie et l'électronique.
Les délocalisations vers les pays à bas salaires sont nombreuses dans les secteurs de l'habillement et du textile, dans les industries des équipements du foyer. Il s'agit souvent de secteurs qui utilisent intensivement une main d'oeuvre peu qualifiée.
Sur les 47% des délocalisations qui s'effectuent vers ces pays, la Chine est particulièrement concernée (30%), devant le Brésil, le Maroc, la Tunisie (8%) ou encore la République tchèque (6%).
Il est intéressant de connaitre ces chiffres. Car ils montrent que ce phénomène est finalement assez marginal. En revanche, il ne faut pas le minimiser car derrière chaque délocalisation, il y a une situation individuelle et un drame personnel. La question me semble être moins de chercher à "interdire" les délocalisations (voeu pieux) que de traiter avec détermination le problème de ceux qui les subissent.