Blog d'Edgar Menguy, conseiller municipal de la ville de Rouen
Le logement est l'une des préoccupations principales des Français. En effet, premier budget des ménages (à 25 %), les dépenses relatives au logement prouve l’importance que les Français accordent à leur logement. Mais quels sont leurs souhaits ? Une étude du sociologue Guillaume Erner donne des réponses à cette question.
Tout d’abord la maison représente une exigence statutaire. De ce fait, il s’agit d’une dépense réfléchie et importante pour les ménages. Et ce, plus particulièrement lorsqu’il s’agit d’un passage de simple locataire à celui de propriétaire.
Par ailleurs, en 15 ans, les implantations se sont «ruralisées». Une tendance notamment mise en relief lors du recensement de 2004. En effet entre 1999 et 2004, les villes ayant connu la plus forte croissance sont celles comprises entre 2.000 et 10.000 habitants, (hormis pour l’Ile-de-France), les communes de 2.000 habitants représentant la moitié de cette accroissement démographique. Mais ce sont les communes de 500 à 1.000 habitants qui enregistrent la plus forte croissance (+1,2% par an), soit un accroissement net de 290.000 habitants. Ce phénomène s’explique principalement par la flambée des prix dans les grandes villes. Et ce, sans compter que la carte scolaire influe également sur le choix de l’implantation de sa maison. Il serait intéressant de prolonger cette étude à Rouen qui se distingue de cette tendance nationale avec une augmentation démographique malgré son statut de grande ville.
En proie à plus de confort, les Français recherchent des logements de plus en plus grands et plus lumineux. Résultat : depuis 1962, la taille des logements ne cesse de croître tandis que le nombre de personnes dans les logements diminue. Désormais, la maison individuelle comprend donc en moyenne cinq pièces. Une maison de 100 m2 disposera donc d’un bloc salon/salle à manger/cuisine, un espace unique et modulable ; de chambres de plus en plus petites (8 à 12 m2) ; de salles de bains de moins de 6 m2 ; d’un garage double ; d’un bureau servant également de couchage d’appoint pour les invités ; et d’un jardin qui devient une pièce à part entière. Une répartition des pièces qui prouve que la maison individuelle devient source de partage et de convivialité !
Toujours côté confort, outre l’envie croissante de s’investir dans son jardin, les Français sont en quête de plus de naturel et de matériaux sains. Un besoin de nature qui pousse à se diriger vers une maison individuelle.
D’autre part, dans l’organisation des pièces, la maison individuelle reflète également la peur de vieillir… ou du moins l’anticipation du vieillissement. Il n’est donc plus rare de voir la suppression des étages et des marches ou encore l’installation d’une chambre au rez-de-chaussée.
La maison individuelle reflète également un besoin de sécurité.
Quant à la décoration, elle continue de suivre la mode. Néanmoins, l’essor des enseignes à moindre coût, style Ikea, a démocratisé l’accès aux tendances et au design.
Enfin, selon Guillaume Erner, l’habitat d’aujourd’hui « récapitule les trois tendances de la famille contemporaine : les couples recomposés, le nouveau rapport à l’enfant et l’autonomie des individus, au sein de cadre familial ».
* Guillaume ERNER est Docteur en Sociologie à l’Université de Paris IV - Sorbonne et Maître de Conférences en sociologie à l’Université de Columbia. Il est auteur de plusieurs ouvrages et articles sur la mode. (source Batiactu)