Blog d'Edgar Menguy, conseiller municipal de la ville de Rouen
Depuis que les négociations sur l'adhésion de la Turquie ont été ouvertes, beaucoup de remarques de mon entourage me font penser que cette décision fait l'objet d'une véritable incompréhension. Je la partage.
En effet, la logique n'est pas évidente. La majorité des peuples européens (Allemands, Italiens, Français, Autrichiens…) sont contre l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne, et ceci avec des pourcentages sans ambiguïté, allant de 60 à 80%. Aussi, il est difficile de suivre le discours actuel de Jacques Chirac qui d’un coté demande au gouvernement d’écouter les Français et de l’autre, écarte leur volonté en validant l’ouverture de négociations en vue de l’adhésion de la Turquie. Après le vote négatif au référendum (dans lequel la question turque a pesé) voilà un bel exemple d'écoute appliquée !
Il n’est même pas prévu de plan « B » dans ces négociations avec par exemple la constitution d’un accord de partenariat renforcé. Heureusement la constitution prévoit un référendum. Mais si dans 15 ans, l’Europe des peuples dit non à la Turquie, que fait-on ?
Le danger de ces illogismes apparents me semble résider, à court terme, dans les interrogations qu’ils peuvent susciter dans l’esprit de nos concitoyens. Une défiance accrue des électeurs dans la sincérité et la loyauté de nos dirigeants hypothéque les chances de notre sensibilité d’obtenir une majorité de gouvernement aux prochaines élections, au moment où les partis des extrêmes font le plein des voix de mécontents.