Blog d'Edgar Menguy, conseiller municipal de la ville de Rouen
Lune des informations les plus importantes de la semaine est probablement lavis donné par le Comité National Consultatif dEthique (CNCE) qui « admet le refus de soins ». En effet, le Comité soutient que «le refus de traitement clairement exprimé par une personne majeure ayant encore le gouvernement d'elle-même ne peut être que respecté, même s'il doit aboutir à sa mort» ».
Le CNCE souligne également la nécessité «comme toujours en situation de crise, de recourir non seulement à un deuxième avis, mais aussi à un processus de médiation pour ne pas laisser seuls, face à face, le médecin, le malade ou éventuellement sa famille» ». Il donne également « 11 recommandations » ou encore note que dans 3 types de situations «exceptionnelles», les médecins auront la possibilité de passer outre un refus de traitement de leur patient
Médecin en réanimation depuis près de 20 ans, je mesure limportance de cet avis. Les deux changements majeurs que jai pu observer ces dernières années ont été limportance prise par la réflexion éthique et lintervention des familles dans la prise en charge des patients. Deux évènements que je juge pleinement légitimes et souhaitables. Ils ont pris le pas sur la technique. Il est indiscutable que les médecins et en particulier les plus jeunes éprouvent des difficultés devant limportance de ces phénomènes.
Je crois que cet avis du CNCE va dans le bon sens et doit nous aider à mieux prendre soin des patients. Je souhaite que la réflexion se poursuive et donne des repères plus précis pour les situations encore exclues comme celle par exemple des malades inconscients.
La réflexion sur la fin de vie est un grand chantier ouvert devant nous. Les médecins ne peuvent résoudre seuls cette difficile question de société. Ils ont besoin de laide des sages du CNCE mais plus largement de lexpression des citoyens.